Créer une micro-entreprise pendant une période de chômage peut être une excellente manière de tester une offre, retrouver de l’élan professionnel ou construire progressivement une activité indépendante. Le cumul avec l’allocation d’aide au retour à l’emploi, l’ARE, offre un filet de sécurité précieux : il permet de développer ses premiers clients sans devoir exiger une rentabilité immédiate dès le premier mois. Mais ce mécanisme répond à des règles précises, notamment sur la date de création de l’activité, le chiffre d’affaires déclaré et les démarches auprès de France Travail.
Le point central est simple : une micro-entreprise ne donne pas, à elle seule, droit à l’assurance chômage. En revanche, des droits ARE ouverts grâce à une activité salariée antérieure peuvent être maintenus, totalement ou partiellement, pendant le lancement de l’entreprise. Entre le choix de l’ARE ou de l’ARCE, l’actualisation mensuelle et les justificatifs Urssaf, mieux vaut préparer son parcours avec méthode. Cette organisation protège la trésorerie, évite les régularisations désagréables et laisse davantage d’énergie pour trouver ses premiers clients.
En bref
- Le cumul ARE et micro-entreprise est possible si des droits au chômage ont été ouverts au titre d’un emploi salarié.
- Une activité créée après l’inscription à France Travail entraîne généralement un maintien partiel et ajusté de l’ARE.
- Le calcul dépend du chiffre d’affaires encaissé, après application d’un abattement lié à la nature de l’activité.
- Une micro-entreprise déjà exercée avant la perte d’emploi peut, sous conditions, permettre le cumul intégral des revenus et de l’allocation.
- L’ARCE transforme une partie des droits restants en capital, mais elle ne se cumule pas avec le versement mensuel de l’ARE.
- L’actualisation France Travail reste obligatoire chaque mois, y compris lorsque la déclaration de chiffre d’affaires à l’Urssaf est trimestrielle.
| Peu de temps ? Voici l’essentiel : |
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| Le bon réflexe : signale ta création d’activité à France Travail dès le départ. |
| Le calcul : l’ARE est modulée selon le revenu estimé de la micro-entreprise, et non selon le chiffre d’affaires brut seul. |
| Le choix stratégique : compare l’ARE mensuelle et l’ARCE avant de demander un versement en capital. |
| La discipline utile : conserve chaque déclaration Urssaf et actualise-toi sans retard. |
Auto-entrepreneur et chômage : les règles du cumul ARE à connaître
Le statut de micro-entrepreneur est conçu pour simplifier les formalités de création et de gestion. Il ne faut toutefois pas le confondre avec un statut salarié. Les cotisations sociales versées sur le chiffre d’affaires permettent notamment de financer la protection maladie, la retraite ou les prestations familiales, mais elles n’ouvrent pas de droits à l’assurance chômage. Si l’activité s’arrête, le créateur ne perçoit donc pas automatiquement l’ARE au titre de son entreprise.
Le cumul fonctionne parce que l’ARE provient d’un emploi salarié précédent. Autrement dit, la création d’une activité indépendante ne fait pas disparaître immédiatement des droits déjà acquis. France Travail peut continuer à verser une allocation, sous réserve que le demandeur d’emploi respecte les obligations de déclaration et que son revenu professionnel soit pris en compte selon les règles applicables.
La date de création de la micro-entreprise joue un rôle déterminant. Deux profils doivent être distingués. Dans le premier, l’activité est lancée après l’inscription à France Travail. C’est le scénario fréquent d’une personne qui perd son emploi, ouvre des droits, puis décide de devenir graphiste, consultant, artisan, coach ou e-commerçant. Elle bénéficie alors en principe d’un cumul partiel : le montant mensuel de l’allocation varie en fonction de son activité.
Dans le second profil, l’entreprise existe déjà avant la perte de l’emploi salarié. Prenons Léa, salariée dans une agence de communication et créatrice d’une petite activité de création de sites web le soir. Si elle perd ensuite son emploi, son activité indépendante peut être considérée comme conservée. Sous certaines conditions, elle peut alors cumuler ses revenus professionnels avec l’intégralité de ses allocations. La logique est claire : son activité ne résulte pas de sa période de chômage, elle était antérieure et réelle.
Pour entrer dans cette catégorie favorable, il faut généralement pouvoir démontrer que la micro-entreprise a été créée au moins deux mois avant la perte de l’emploi et qu’elle générait déjà un chiffre d’affaires régulier. Les documents Urssaf, les factures, les relevés d’encaissement et les déclarations de chiffre d’affaires deviennent alors des preuves importantes. Il ne suffit pas d’avoir une structure inactive sur le papier : France Travail doit pouvoir constater l’existence effective d’une activité exercée avant la rupture du contrat salarié.
Ce dispositif mérite une vérification précise auprès de l’agence France Travail, surtout en cas de parcours hybride. Une personne peut avoir alterné emploi salarié, micro-entreprise, missions ponctuelles et périodes sans revenus. Chaque situation possède ses dates, ses justificatifs et ses conséquences. Le meilleur réflexe est de construire une chronologie nette : date de création, date de fin du contrat, date d’inscription, revenus encaissés et droits ouverts.
Les trois situations les plus fréquentes pour un créateur au chômage
- Aucun chiffre d’affaires encaissé sur le mois : l’ARE est normalement maintenue à son niveau habituel, à condition de s’actualiser correctement.
- Un chiffre d’affaires modéré : l’allocation est réduite, mais une partie des droits est conservée et la durée d’indemnisation peut être prolongée.
- Un chiffre d’affaires élevé : aucun versement d’ARE n’est parfois effectué pour le mois concerné, sans que les droits soient nécessairement perdus pour autant.
Ce dernier point est important pour les entrepreneurs dont le chiffre d’affaires est irrégulier. Une consultante peut signer une mission importante en juin, puis connaître un mois presque vide en juillet. L’ARE n’est pas pensée comme une prime fixe, mais comme un revenu de remplacement ajusté à la réalité déclarée. Il faut donc piloter sa trésorerie sans considérer l’allocation comme un montant garanti et immuable.
Une micro-entreprise bien préparée transforme cette période en laboratoire commercial. Plutôt que de viser trop vite un volume de ventes difficile à absorber, l’objectif consiste à tester un positionnement, recueillir des retours clients et valider une offre rentable. Le cumul ARE n’est pas un frein à l’ambition : c’est un cadre qui permet de construire avec davantage de lucidité.

Calcul ARE et chiffre d’affaires de micro-entreprise : comprendre le montant versé
Lorsqu’une micro-entreprise est créée après l’inscription à France Travail, le chiffre d’affaires déclaré sert de base pour ajuster l’allocation. Attention : France Travail ne traite pas le chiffre d’affaires comme un salaire net. Un abattement est appliqué pour représenter forfaitairement les frais professionnels liés à l’activité. Le montant restant est assimilé à un revenu pris en compte dans le calcul.
Les abattements dépendent de la catégorie de l’activité. Pour la vente de marchandises, la restauration ou l’hébergement, l’abattement est de 71 %. Pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant des BIC, il est de 50 %. Pour les professions libérales relevant des BNC, il est de 34 %. Une rédactrice web, un consultant en stratégie ou un formateur relèvent souvent de la dernière catégorie. Un réparateur, une coiffeuse à domicile ou un homme toutes mains peut relever du régime des prestations artisanales.
Cette différence est loin d’être anecdotique. Un chiffre d’affaires de 1 000 euros dans une activité de vente laisse un revenu retenu de 290 euros après l’abattement de 71 %. Le même montant dans une activité libérale conduit à un revenu retenu de 660 euros après l’abattement de 34 %. Pour anticiper ses revenus disponibles, chaque créateur doit donc connaître la catégorie fiscale et sociale de son activité.
Exemple concret de calcul du cumul ARE et auto-entreprise
Imaginons Thomas, ancien salarié devenu prestataire en montage vidéo. Son allocation journalière est de 57 euros et son salaire journalier de référence est de 100 euros. Sur un mois de 31 jours, son indemnité théorique sans activité est de 1 767 euros. En mars, Thomas facture et encaisse 1 000 euros de chiffre d’affaires.
Son activité est une prestation de services relevant des BIC. L’abattement applicable est donc de 50 %. France Travail retient alors un revenu de 500 euros. La règle pratique consiste à déduire 70 % de ce revenu de l’ARE mensuelle théorique. Dans cet exemple, 70 % de 500 euros représentent 350 euros. L’allocation versée est donc de 1 417 euros : 1 767 euros moins 350 euros.
Thomas encaisse ainsi 1 000 euros de chiffre d’affaires et reçoit 1 417 euros d’ARE. Son total mensuel atteint 2 417 euros, un montant inférieur à son salaire mensuel de référence établi à partir de son salaire journalier de référence. Il peut donc bénéficier du cumul sur ce mois. Cette mécanique montre pourquoi il est essentiel de ne pas confondre chiffre d’affaires, revenu retenu par France Travail et revenu réellement disponible après cotisations, impôt et frais professionnels.
Les jours non indemnisés ne disparaissent pas automatiquement. Dans l’exemple de Thomas, le versement de 1 417 euros équivaut à environ 25 jours indemnisés, sur la base de 57 euros par jour. Les jours restants sont reportés et peuvent prolonger la durée totale des droits. C’est un avantage souvent sous-estimé : le cumul partiel peut permettre de garder une protection plus longue pendant la montée en puissance de l’activité.
La formule ne doit pas pousser à bâtir un prévisionnel irréaliste. Une activité indépendante comporte des charges : cotisations Urssaf, abonnement logiciel, assurance, téléphone, banque, matériel, transport ou sous-traitance. Pour piloter une offre de services, consulter un guide sur les charges des prestations en auto-entreprise aide à passer du chiffre d’affaires affiché au revenu réellement exploitable.
Le plafonnement lié au salaire de référence doit aussi rester en tête. Si les revenus de l’activité deviennent suffisamment importants, l’ARE peut ne pas être versée sur le mois. Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : cela peut signaler une activité qui prend de l’ampleur. Mais ce changement exige une gestion saine de la trésorerie. Mettre de côté une part des encaissements élevés évite de subir un mois moins favorable sans allocation complémentaire.
Avant de fixer des tarifs ou de signer une mission longue, prépare un tableau simple avec quatre lignes : chiffre d’affaires encaissé, abattement estimé, cotisations sociales, ARE potentielle. Ce suivi n’a pas besoin d’être sophistiqué. Il doit surtout être mis à jour chaque mois. Un entrepreneur qui connaît ses chiffres prend de meilleures décisions qu’un entrepreneur qui se fie à son solde bancaire.
La logique de calcul peut sembler administrative au départ, mais elle devient vite un outil de pilotage. Plus les chiffres sont anticipés, plus il devient facile de choisir les missions, lisser les encaissements et sécuriser son niveau de vie pendant le développement commercial.
Actualisation France Travail en micro-entreprise : les démarches pour éviter les blocages
Créer une activité ne dispense pas de l’actualisation mensuelle auprès de France Travail. C’est même l’un des points les plus sensibles du cumul. Chaque mois, il faut confirmer sa situation, indiquer l’existence de l’activité et déclarer les revenus demandés. Sans actualisation, le versement de l’ARE peut être interrompu et une radiation peut intervenir.
Il faut d’abord informer France Travail de la création de la micro-entreprise. Cette déclaration permet à l’organisme d’adapter le dossier. L’entrepreneur reste inscrit comme demandeur d’emploi tant qu’il perçoit l’ARE et qu’il souhaite conserver ses droits. Les modalités de suivi évoluent souvent, car l’activité devient le projet professionnel principal, mais l’inscription ne doit pas être abandonnée par réflexe.
Lors de l’actualisation, plusieurs informations sont généralement demandées : la poursuite de la recherche d’emploi, le nombre d’heures consacrées à l’activité, l’existence éventuelle d’un emploi salarié et le montant des revenus. Les consignes sur les heures et sur la manière de déclarer le chiffre d’affaires peuvent être précisées localement. Il est donc judicieux de demander une confirmation écrite ou de conserver la trace des échanges avec son conseiller.
Déclarer son chiffre d’affaires après abattement
Dans de nombreux cas, France Travail demande le revenu correspondant au chiffre d’affaires après application de l’abattement. Cette règle peut surprendre, car l’Urssaf reçoit le chiffre d’affaires brut encaissé. Les deux organismes ne poursuivent pas le même objectif : l’Urssaf calcule les cotisations sociales, tandis que France Travail estime le revenu professionnel nécessaire au calcul du maintien de l’allocation.
Le plus sûr est de ne jamais improviser. Avant la première actualisation, vérifie le type d’information attendu dans ton dossier. Conserve ensuite un fichier mensuel avec le montant encaissé, l’abattement applicable, le montant déclaré à France Travail et le justificatif envoyé. Cette habitude évite les erreurs lorsqu’un contrôle ou une régularisation intervient plusieurs mois plus tard.
Le justificatif de déclaration de chiffre d’affaires Urssaf doit être transmis via l’espace personnel lorsque France Travail le demande. Une déclaration mensuelle à l’Urssaf facilite souvent le suivi, puisque le rythme est identique à celui de l’actualisation. Le régime trimestriel reste possible, mais il peut créer un décalage. Pendant les premiers mois, tant qu’aucun justificatif Urssaf n’est disponible, une partie seulement de l’ARE peut être versée à titre provisoire, puis régularisée plus tard.
Une attestation sur l’honneur de chiffre d’affaires peut parfois aider à documenter une situation transitoire, mais elle doit être acceptée par le conseiller. Il ne faut jamais considérer ce document comme un substitut automatique aux justificatifs officiels. L’objectif est de créer un dossier propre, cohérent et vérifiable.
Les erreurs administratives qui coûtent cher
- Attendre plusieurs mois avant de signaler la création : un retard de déclaration peut entraîner un trop-perçu à rembourser.
- Confondre facture émise et somme encaissée : en micro-entreprise, le chiffre d’affaires déclaré correspond en principe aux sommes effectivement encaissées.
- Oublier les justificatifs Urssaf : l’absence de document peut suspendre le versement ou retarder la régularisation.
- Déclarer le mauvais montant : chiffre d’affaires brut, montant après abattement et revenu disponible ne désignent pas la même chose.
- Négliger les factures : une facturation conforme protège l’activité et facilite le suivi des encaissements.
Sur ce dernier point, utiliser une check-list des mentions obligatoires sur une facture d’auto-entrepreneur permet de sécuriser les documents envoyés aux clients. Une facture bien faite n’est pas seulement une formalité : elle sert de preuve commerciale, comptable et administrative.
Reprenons Léa, qui lance une activité de création de contenus. Elle choisit une déclaration Urssaf mensuelle, enregistre chaque encaissement dans un tableur et dépose le justificatif dès réception. Cette discipline lui prend moins de vingt minutes par mois. En retour, elle sait exactement où elle en est et limite les mauvaises surprises. La simplicité administrative ne consiste pas à ignorer les règles, mais à mettre en place une routine qui les rend faciles à respecter.
Cette organisation administrative prépare aussi une meilleure gestion à long terme. Quand le chiffre d’affaires progresse, les mêmes données servent à analyser les offres les plus rentables, planifier les investissements et adapter le rythme de développement.
ARE ou ARCE : choisir le financement le plus adapté à ton lancement
Un demandeur d’emploi indemnisé qui crée ou reprend une entreprise peut hésiter entre deux options : conserver le maintien de l’ARE ou demander l’ARCE, l’aide à la reprise ou à la création d’entreprise. Ces deux mécanismes ne répondent pas au même besoin. Le premier sécurise des revenus mensuels. Le second apporte du capital pour financer le démarrage. Ils ne sont pas cumulables, ce qui impose de choisir avec une vision claire de son activité.
L’ARCE permet de recevoir 60 % des droits ARE restants sous forme de capital. Le versement est réalisé en deux fois. La première moitié est versée au moment où les conditions sont remplies et où l’activité démarre. La seconde intervient six mois plus tard, à condition que l’entreprise existe toujours. Ce dispositif suppose notamment de bénéficier de l’ACRE, l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise.
Pour une personne qui doit acheter un véhicule utilitaire, une machine, un stock de marchandises ou du matériel photo, l’ARCE peut avoir du sens. Elle constitue un apport qui accélère le démarrage et peut rassurer une banque dans une demande de financement. Une entrepreneure qui ouvre un atelier de personnalisation textile n’a pas les mêmes besoins qu’un consultant qui travaille depuis son ordinateur avec quelques logiciels en ligne.
Dans quels cas le maintien de l’ARE reste plus protecteur ?
Le maintien mensuel de l’ARE est particulièrement intéressant lorsque l’activité commence doucement. C’est courant dans les métiers de service : coaching, rédaction, conseil, community management, création de sites ou formation. Il faut du temps pour clarifier son positionnement, publier du contenu, prospecter, obtenir des rendez-vous, établir la confiance puis transformer les échanges en contrats.
Conserver l’ARE aide à financer le quotidien pendant cette phase. Cela réduit la pression de vendre trop vite à un prix trop bas. C’est une vraie force marketing : un entrepreneur qui n’est pas dos au mur peut sélectionner ses clients, travailler son offre et éviter les missions qui épuisent sans construire une activité durable.
L’ARCE peut être moins adaptée si les dépenses initiales sont faibles et si le chiffre d’affaires demeure incertain. Choisir le capital sans prévoir de revenu stable derrière peut créer une situation inconfortable après quelques mois. Le capital est utile, mais il se consomme vite s’il finance les dépenses personnelles au lieu de servir le développement de l’entreprise.
L’ACRE en 2026 : un levier à intégrer dans le budget de lancement
L’ACRE permet une exonération partielle de cotisations sociales pendant le début d’activité, sous conditions d’éligibilité. Pour les micro-entreprises créées avant le 1er juillet 2026, l’exonération annoncée est de 50 %. Pour une création à partir du 1er juillet 2026, elle est de 25 %. Les demandeurs d’emploi indemnisés ou susceptibles de l’être font partie des publics fréquemment concernés, mais le dossier doit être vérifié avant de bâtir une stratégie financière sur cet avantage.
Cette évolution doit être intégrée au prévisionnel. Une personne qui lance son entreprise en juin et une autre qui la crée en juillet ne supportent pas le même niveau de cotisations au démarrage. Cela ne signifie pas qu’il faut précipiter une création sans préparation. En revanche, il est pertinent d’aligner le calendrier administratif, commercial et financier.
| Comparer ARE et ARCE avant de choisir |
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| Maintien de l’ARE : adapté aux activités qui démarrent progressivement et aux entrepreneurs ayant besoin d’un revenu mensuel sécurisant. |
| ARCE : pertinente pour financer un besoin immédiat en matériel, stock, véhicule ou apport bancaire. |
| Point de vigilance ARE : le montant mensuel varie selon le chiffre d’affaires déclaré. |
| Point de vigilance ARCE : l’allocation mensuelle cesse ; le capital doit être budgété avec prudence. |
Une fois l’ARCE versée, une partie des droits n’a pas été consommée. En cas d’arrêt de l’activité, des droits restants peuvent être mobilisables selon les règles et délais applicables. Il ne faut toutefois pas voir cette réserve comme une garantie automatique. Un rendez-vous avec France Travail et un budget de trésorerie sur six à douze mois restent indispensables avant de décider.
Pour structurer le lancement, les bons outils business pour auto-entrepreneurs permettent aussi de centraliser les devis, factures, relances et prévisions. Un choix de financement pertinent ne se résume pas à un montant : il doit soutenir un modèle économique cohérent. L’ARE sécurise le temps ; l’ARCE finance l’accélération. Le bon choix dépend de ce dont ton activité a réellement besoin maintenant.
Cessation d’activité et chômage : ATI, droits restants et solutions de rebond
Mettre fin à une micro-entreprise ne déclenche pas automatiquement le versement de l’ARE. C’est l’une des réalités les plus importantes à comprendre avant de se lancer. Puisqu’un micro-entrepreneur ne cotise pas à l’assurance chômage sur son chiffre d’affaires, la fermeture de l’activité ne crée pas de nouveaux droits ARE. Seuls les droits issus d’un emploi salarié antérieur, s’ils existent encore et s’ils sont mobilisables, peuvent éventuellement prendre le relais.
Cette règle n’est pas une raison pour renoncer à entreprendre. Elle invite plutôt à construire un plan de sécurité. Le créateur qui démarre avec l’ARE doit surveiller la durée de ses droits, le niveau de ses charges personnelles et la régularité de ses ventes. La micro-entreprise devient beaucoup moins anxiogène lorsque les seuils de vigilance sont définis à l’avance : revenu minimal à atteindre, trésorerie de précaution, date de réévaluation du modèle et solutions alternatives.
Il existe néanmoins une allocation spécifique pour certains indépendants qui cessent leur activité : l’ATI, ou allocation des travailleurs indépendants. En 2026, son montant se situe approximativement entre 600 et 800 euros mensuels, soit entre 19,73 et 26,30 euros par jour selon la situation, pour une durée maximale de 182 jours. Ce soutien est utile, mais ses conditions d’accès sont strictes et il ne doit pas être confondu avec l’ARE.
Les conditions essentielles pour accéder à l’ATI
La cessation d’activité doit être involontaire et définitive. Elle peut résulter d’une liquidation ou d’un redressement judiciaire avec remplacement du dirigeant décidé par le tribunal. Elle peut aussi être reconnue lorsque l’activité est devenue économiquement non viable, avec une baisse d’au moins 30 % des revenus déclarés et une attestation produite par un expert-comptable ou un professionnel habilité d’un réseau consulaire.
Il faut également avoir exercé l’activité indépendante pendant au moins deux ans sans interruption au sein de la même entreprise. Le demandeur doit justifier d’au moins 10 000 euros de revenus sur l’une des deux dernières années d’activité, sauf règle spécifique applicable à Mayotte. Ses ressources personnelles doivent rester sous le plafond correspondant au RSA, fixé à 651,69 euros par mois depuis le 1er avril 2026. Enfin, l’inscription à France Travail doit intervenir dans les douze mois suivant la cessation.
Ces critères montrent que l’ATI est une aide de dernier recours, destinée à une véritable rupture économique, pas à une simple pause volontaire ou à un changement de projet. Le chiffre retenu ne correspond pas nécessairement au chiffre d’affaires brut : les abattements liés à la nature de l’activité sont pris en compte. D’où l’intérêt de tenir une comptabilité de trésorerie propre, même avec un régime simplifié.
Reprenons Thomas, le monteur vidéo. Après plusieurs mois, il constate que son offre généraliste ne lui permet pas d’atteindre une marge suffisante. Au lieu d’attendre que la situation se dégrade, il analyse ses clients les plus rentables. Il se repositionne sur le montage de vidéos courtes pour les marques e-commerce, augmente ses tarifs et automatise ses demandes de devis. Cette décision n’est pas seulement créative : elle protège son modèle économique.
Le même principe s’applique à chaque activité. Une coach peut créer une offre collective plutôt que vendre uniquement des séances individuelles. Une artisane peut réduire les références peu rentables et privilégier les produits les plus demandés. Un consultant peut passer d’une facturation à l’heure à un forfait à valeur ajoutée. Le statut de micro-entrepreneur donne de la souplesse, mais la stabilité financière vient du positionnement, du suivi des chiffres et de la capacité à ajuster rapidement.
Si l’activité cesse, réalise un bilan précis avant toute démarche : droits ARE encore ouverts, date d’expiration, justificatifs de fermeture, niveau de ressources et éventuelle éligibilité à l’ATI. N’attends pas que la trésorerie atteigne zéro pour te renseigner. Un rebond professionnel se prépare plus facilement quand les options sont identifiées tôt.
Le cumul entre chômage et micro-entreprise est donc un outil de transition puissant, à condition de le traiter comme un projet structuré. Déclarer correctement, prévoir ses revenus, choisir entre ARE et ARCE avec lucidité, puis suivre la rentabilité chaque mois : voilà les bases. L’objectif n’est pas de dépendre durablement de l’allocation, mais de l’utiliser intelligemment pour créer une activité viable.
Un auto-entrepreneur peut-il toucher le chĂ´mage ?
Oui, s’il possède des droits ARE ouverts grâce à une activité salariée antérieure. La micro-entreprise ne crée pas elle-même de droits à l’assurance chômage, mais elle peut être cumulée avec l’ARE dans les conditions fixées par France Travail.
Faut-il s’actualiser à France Travail quand on est micro-entrepreneur ?
Oui. L’actualisation est obligatoire chaque mois tant que tu restes inscrit et que tu souhaites percevoir l’ARE. Il faut signaler ton activité, déclarer les revenus demandés et transmettre les justificatifs Urssaf lorsque cela est requis.
Le chiffre d’affaires réduit-il toujours l’ARE ?
Lorsque la micro-entreprise est créée après l’inscription à France Travail, l’ARE est généralement ajustée selon le revenu estimé après abattement. Si l’activité existait déjà avant la perte de l’emploi et répond aux conditions d’activité conservée, un cumul intégral peut être possible.
Peut-on recevoir l’ARCE et l’ARE en même temps ?
Non. L’ARCE correspond au versement en capital d’une partie des droits ARE restants et ne se cumule pas avec le maintien mensuel de l’allocation. Il faut comparer les deux options avant de déposer la demande.
Que se passe-t-il si la micro-entreprise ferme ?
La fermeture ne donne pas automatiquement droit à l’ARE, car le micro-entrepreneur ne cotise pas à l’assurance chômage. Des droits salariés restants peuvent parfois être mobilisés. Dans certaines situations de cessation involontaire et définitive, l’ATI peut être demandée auprès de France Travail.

